BUNIA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO / RankWire.AI / – En 2025, la République démocratique du Congo a enregistré 26 064 143 cas de paludisme , témoignant de l’ampleur de la maladie dans le pays. La même année, les autorités sanitaires ont également recensé 29 938 décès liés au paludisme. Ces chiffres ont été annoncés par Guy Esebe Dembo, directeur adjoint du Programme national de lutte contre le paludisme, lors du lancement d’une vaste campagne de traitement dans la province d’Ituri. Cette campagne vise à lutter contre le paludisme dans les régions où il demeure une cause majeure de morbidité et exerce une forte pression sur les services de santé.

La campagne en Ituri a été lancée dans les zones sanitaires de Bunia, Nyakunde, Mungwalu et Rwampara. Pendant quatre jours, plus d'un million de personnes ont reçu des médicaments antipaludiques. Au premier semestre 2026, l'Ituri a enregistré à lui seul plus de 373 000 cas de paludisme et 106 décès. L'objectif principal de la campagne est de réduire l'incidence des infections palustres et des cas de fièvre associés au sein des communautés touchées. Les autorités cherchent également à renforcer les capacités des établissements de santé à diagnostiquer avec précision d'autres maladies graves, notamment lorsque les patients présentent des symptômes similaires à ceux du paludisme.
Le fardeau du paludisme en République démocratique du Congo demeure parmi les plus lourds au monde. Selon les estimations mondiales pour 2024, on recensait 282 millions de cas de paludisme dans le monde, entraînant environ 610 000 décès. L’Afrique représentait près de 95 % des cas et des décès. Dans cette région, la RDC contribuait à hauteur de 11,7 % aux décès liés au paludisme. Les enfants de moins de cinq ans continuent de représenter la majorité des décès dus au paludisme en Afrique, soulignant l’impact dévastateur de la maladie sur les jeunes enfants dans les pays où la transmission est active.
La menace persistante du paludisme pour la santé publique
La transmission du paludisme se fait principalement par la piqûre de moustiques femelles Anopheles infectées. Les symptômes typiques incluent fièvre, frissons et maux de tête, mais les cas graves peuvent entraîner des convulsions, des difficultés respiratoires et une grande faiblesse. Le parasite le plus dangereux, Plasmodium falciparum, est le principal vecteur de transmission en Afrique. Un diagnostic rapide et un traitement immédiat sont essentiels pour prévenir les formes graves et les décès. Pour lutter contre cette maladie, les programmes de santé s'appuient sur une combinaison de stratégies, telles que les moustiquaires imprégnées d'insecticide, les traitements préventifs, la pulvérisation d'insecticides à effet rémanent à l'intérieur des habitations et les interventions communautaires visant à minimiser l'exposition aux moustiques et à interrompre la transmission.
En octobre 2024, la République démocratique du Congo a intensifié ses efforts de lutte contre le paludisme avec le déploiement du vaccin R21. La phase initiale a été lancée dans la province du Kongo Central, où 693 500 doses ont été distribuées aux enfants. Cette campagne de vaccination visait à vacciner 173 375 enfants dans 31 zones de santé. L’ Organisation mondiale de la Santé a soutenu l’introduction du vaccin aux côtés des autorités sanitaires nationales et de ses partenaires. La vaccination complète les mesures de prévention existantes telles que les moustiquaires imprégnées, les traitements prophylactiques, le dépistage et les médicaments à base d’artémisinine pour les cas confirmés.
Stratégies intégrées de prévention et de traitement en place
La stratégie nationale de lutte contre le paludisme pour la période 2024-2028 repose sur plusieurs approches ciblées sur les communautés où la transmission persiste. Elle comprend le déploiement de moustiquaires imprégnées d'insecticide, des traitements prophylactiques pour les femmes enceintes et les nourrissons, ainsi qu'un programme pilote de chimioprévention saisonnière du paludisme. La pulvérisation intradomiciliaire d'insecticide à effet rémanent, la lutte antilarvaire, les tests de diagnostic rapide et l'administration des médicaments antipaludiques recommandés sont également des composantes essentielles. La surveillance et la mobilisation communautaire font partie intégrante de ce dispositif. Le gouvernement s'est fixé pour objectif de protéger 80 % des populations à risque contre le paludisme.
Les chiffres de 2025 reflètent les dernières statistiques officielles du programme national de lutte contre le paludisme et diffèrent des estimations internationales modélisées. Ils confirment que le paludisme continue de toucher des millions de personnes en République démocratique du Congo. La campagne de traitement de masse en cours en Ituri s'inscrit désormais dans un effort plus vaste comprenant la vaccination, la prévention, le diagnostic et le traitement. Les autorités sanitaires restent déterminées à allouer en priorité les ressources aux communautés où la transmission est intense afin de réduire les infections, les formes graves et la mortalité liées au paludisme.
L’article « Le nombre de décès dus au paludisme en RDC approche les 30 000 sur 26 millions de cas » est paru initialement sur Tunisia Update : actualités tunisiennes, actuelles et claires.
